High Hopes, La maison d'Amityville

Tout le monde se souvient certainement du film d’épouvante « Amityville, la maison du diable » sortit en 1979. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’elle est basée sur des faits réels. La maison existe bel et bien et elle fut le théâtre d’événements étranges, voire sordides. Mais au-delà de la fiction, que s’est-il réellement passé dans cette maison ? Est-elle vraiment hantée ou possédée par le Diable ?

 

 

Situation

La maison est située au 112 Ocean Avenue dans la petite ville côtière d’Amityville au nord de New York. C’est une petite bourgade calme et typiquement américaine. La demeure se situe à deux pas de l’océan sur Long Island. De style colonial, elle fut bâtie en 1928 et comporte trois étages.

Les faits

En 1974, la maison fut le théâtre d’un sextuple meurtre. Toute la famille Defeo, qui y vivait depuis 1965 fut assassinée par arme à feu au matin du 14 novembre. Seul le fils ainé, Ronald Defeo, survécu au massacre, étant absent aux moments des faits. Seulement son emploi du temps n’ayant pas totalement convaincu les policiers, il fut transféré au commissariat pour un complément d’enquête. Dans l’après-midi du 15 novembre Ronald Defeo avoua les meurtres et fut incarcéré. En septembre 1975, Defeo tenta de plaider la folie en prétendant qu’il avait été possédé par le Diable et qu’il avait entendu des voix lui intimant l’ordre de tuer tout le monde. Les psychologues et psychiatres de l’époque n’avaient, quand à eux, constaté ni folie, ni possession. Le cas fut classé dans la rubrique homicide sans préméditations et Defeo fut condamné à six peines de prison à perpétuité.

 

Defeo

 

Ce qui est étrange dans cette histoire, c’est que d’après les enquêteurs, il devait y avoir une deuxième personne dans le coup, suite au déplacement de certain corps et des incohérences des aveux. Malheureusement on ne sut jamais qui. Defeo avait certes balancé que sa sœur Dawn avait été l’instigatrice des meurtres, mais rien ne permit de le prouver. D’ailleurs Ronald nia toujours avoir tué ses petits frères et sœurs. Il avoua le meurtre de ses parents et celui de sa sœur Dawn qui, d’après lui, avait complètement péter les plombs, et avait tenté de le tuer.

Pendant de nombreux mois, la maison qui avait été au cœur des médias, resta vide, malgré un prix de vente extrêmement avantageux. Cette sanglante affaire tachait inexorablement la belle demeure. Puis début 1976, un couple (les Lutz) décida de se l’approprier pour la modique somme de 80'000 dollars. Connaissant les tragiques événements qui s’y étaient produits, ils entreprirent de la faire bénir avant d’y pénétrer. On raconte que le prêtre entendit lors de sa bénédiction une voix lui ordonnant de quitter les lieux. 28 jours plus tard, les Lutz quittèrent la maison, suite à des événements surnaturels. Ils indiquèrent qu’ils avaient entendu des pas et des voix, qu’ils furent envahis par un essaim de mouches alors qu’on était en plein hiver, qu’il régnait une odeur de vieux parfum et qu’ils subissaient des hausses et des baisses violentes de température. Sans parler d’apparitions de tâches noires sur les sanitaires. Personne ne pris ces allégations au sérieux et l’affaire se tassa jusqu’en 1977, date à laquelle l’écrivain Jay Anson publia son bestseller relatant les événements des Lutz. Dans son livre « The Amityville Horror – A true story » il décrivit le cauchemar vécu par cette famille pendant ces 28 jours. Le succès fut au rendez-vous, mais les experts en parapsychologie relevèrent de grosse incohérences et des distorsions des faits. Néanmoins l’affaire fut mondialement lancée.

En 1979, Stuart Rosenberg mit en scène un film tiré du bestseller qu’il intitula « Amityville, la maison du diable ». Il reprit assez fidèlement le récit des Lutz, mais changea quelques passages pour les rendre un peu plus croustillants. La grande réussite du film réside dans le fait qu’il réalise un ouvrage très angoissant avec peu de moyens.

 

Le film

 

Spéculations et rumeurs

Bien entendu, cette histoire fit accourir les curieux, les journalistes et autre parapsychologues dans la petite ville d’Amityville. De nombreuses rumeurs circulèrent au sujet de cette maison. On suggéra qu’elle fut construite sur un ancien cimetière indien, ou qu’elle fut érigée sur le site d’un sorcier chassé de Salem, et qui vécu à cet endroit en 1600. Mais toutes ces allégations n’ont aucun fondement, puisque l’on n’a jamais retrouvé de récits ou de preuves historiques de ces suppositions. De plus, de nombreuses recherches ont été effectuées dans les registres du comté et il n’y a aucune mention d’un cimetière indien ou d’un probable sorcier à cet endroit. Ces légendes urbaines ont uniquement agrémenté la fiction et les rumeurs.

On raconte de nombreuses choses étranges sur le tournage du film, mais qui, une fois de plus, n’ont pas plus de valeur que la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave. On a suggéré que Mme Lutz était décédée lors de la 2e semaine de tournage. Ce qui est faux, puisqu’elle décédée bien après d’un infarctus. On raconte aussi que toutes les caméras étaient tombées en panne en même temps. Encore faux, puisque le plateau avait subi une coupure de courant généralisée suite à un court-circuit. Bref, pour la poursuite de la légende, il fallait bien tenter d’incruster quelques détails sordides lors du tournage du film.

La personnalité de Ronald Defeo

On se focalisa alors sur le meurtrier de la famille Defeo. Mais là encore, rien ne s’accorde avec une probable possession. Ronald Defeo était déjà un adolescent turbulent. Il se trouvait souvent impliqué dans des bagarres, avait un comportement plutôt marginal et était sous l’emprise d’un père violent, mais qui lui accordait tout. Après des études difficiles, il fut engagé par son paternel dans l’entreprise familiale (un garage concessionnaire Buick). Malgré cela, Ronald dépensait plus qu’il ne recevait dans les clubs et autres boîtes de nuit. Accroc à la boisson et aux drogues, il volait régulièrement de l’argent à son père. Il avait également menacé à deux reprises de lui faire la peau. Même si le mobile reste obscur, les enquêteurs pensent qu’il s’était levé ce fameux matin, probablement encore sous l’effet de l’alcool et des drogues, et fut pris d’une folie meurtrière passagère. Probablement n’en voulait-il qu’à son père, mais le cocktail détonnant l’entraina dans une spirale infernale. Les psychologues estimèrent qu’il était suffisamment lucide pour commettre ces meurtres, étant donné qu’il a pris le temps de jeter le fusil dans le canal et de tenter d’effacer certains indices compromettants. Plaider la folie par la suite était une tactique usuelle pour tenter d’échapper à la prison. D’ailleurs, c’est sur le conseil de son avocat qu’il plaida la possession démoniaque.

Les Lutz

L’histoire des Lutz semblent un peu confuse. Leur récit doit être pris avec des pincettes, car on y trouve passablement de contradictions sur lesquelles nous n’allons pas revenir. Il faut dire que la version écrite par Jay Anson fut la risée des parapsychologues à sa sortie. De plus de nombreux faits ont pu être expliqués d’une manière tout à fait rationnelle. Une maison de cet âge avec du bois omniprésent, et qui n’a plus été occupée pendant des mois, peut se révéler étrange. Les craquements du bois par le changement de température sont normaux. Il est certain que des rongeurs aient pu y élire domicile pendant cette absence. Amplifiés par la nature de la construction, les déplacements des rats peuvent sembler bizarres. Enfin un chauffage non purgé et non entretenu peut expliquer les changements de températures. Il est certain que ces faits anodins ont été grossis par la famille Lutz, certainement dans le but de faire vendre leur histoire. Des gens qui font bénir une maison dès leur entrée sont déjà obnubilés par les tragiques événements, et l’esprit ou la croyance peut jouer des tours.

 

George et Kathy Lutz

 

Cela dit, il y a fort à parier que le coup médiatique soit bien plus réel que leurs prétendus récits fantastiques… ! D’ailleurs la famille Cromarty (successeurs des Lutz jusqu’en 1987) avait intenté un procès contre ceux-ci. Leurs affabulations avaient entrainé de trop nombreuses présences médiatiques et curieuses, qui les empêchaient de jouir pleinement de leur maison. Qui plus est, William Weber, l’avocat de Ronald Defeo, avait avoué en 1979, que lui-même et George Lutz avait monté de toute pièce cette supercherie, afin que Lutz puisse rembourser un emprunt.

Epilogue

Malheureusement pour les amateurs de frissons, cette demeure n’a rien de spécial, si ce n’est une notoriété mondiale. Les propriétaires succédant aux Lutz n’ont jamais rien remarqué d’étrange dans cette maison et ont tous passé d’agréables années dans la communauté d’Amityville. Il semble bien que cette histoire ne fut qu’un immense coup de pub pour la famille Lutz et l’écrivain Jay Anson.

La propriété est actuellement en vente pour plus d’un million de dollar sur le site suivant :

 

High Hopes aujourd'hui 

 

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